
Quand le PCRV écrivait à Blaise Compsoré
𝐋𝐄 𝐏𝐀𝐑𝐓𝐈 𝐂𝐎𝐌𝐌𝐔𝐍𝐈𝐒𝐓𝐄 𝐑𝐄𝐕𝐎𝐋𝐔𝐓𝐈𝐎𝐍𝐍𝐀𝐈𝐑𝐄 𝐕𝐎𝐋𝐓𝐀𝐈̈𝐐𝐔𝐄
À
𝐒𝐨𝐧 𝐞𝐱𝐜𝐞𝐥𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐋𝐞 𝐂𝐚𝐩𝐢𝐭𝐚𝐢𝐧𝐞 𝐁𝐥𝐚𝐢𝐬𝐞 𝐂𝐎𝐌𝐏𝐀𝐎𝐑𝐄
Président du Front populaire, Chef de l'Etat
Chef du gouvernement de la Haute-Volta dite Burkina Faso
𝗠𝗼𝗻𝘀𝗶𝗲𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗣𝗿é𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁,
Depuis votre accession à la tête de I'Etat, suite au coup d'Etat du 15 Octobre 1987, vous avez tenté de vous présenter à l'opinion nationale et internationale comme un démocrate convaincu ; comme un chef d'Etat à l'écoute de son peuple, soucieux d'oeuvrer à l'avènement d'un Etat de droit démocratique dans notre pays dans un climat de liberté politique favorisant I'expression des différentes sensibilités politiques ; un chef d'Etat ayant à cœur de rechercher de justes solutions aux problèmes économiques et sociaux qui assaillent notre peuple et d'œuvrer à l'instauration de la paix et de l'entente fraternelle entre les peuples et les Etats de la sous-région.
Aujourd'hui force est de constater que vos déclarations politiques sont en complète contradiction avec les actes politiques que vous avez posé depuis votre accession à la tête de l'Etat. Votre politique a eu pour conséquences :
- l'évolution dangereuse de la situation nationale et la fascisation de la vie du pays à cause de la politique menée par votre parti l'ODP/MT.
- le développement du mécontentement populaire et la défiance du peuple concernant le processus en cours pour la mise en place d'un Etat de droit démocratique auquel il aspire pourtant de toutes ses forces
- le développement du mécontentement populaire suite a l'aggravation de la situation économique et sociale avec l'application d'un Programme d'Ajustemcnt Structurel (PAS) imposé par I'ODP/MT et le Front populaire ; les menaces de famine, le développement sans précédent de la corruption, les détournements crapuleux au niveau des dignitaires du régime et de la Haute Hiérarchie Militaire couverts par l'ODP/MT et son chef à savoir vous-même.
- la désagrégation des Forces Amées mises en coupe réglée par l'ODP/MT et devenues de ce fait le principal foyer de désordre dans le pays et même dans certains pays de la sous-région tel que le LIBERIA.
Face à cette évolution inquiétante de la situation nationale le 𝐏𝐀𝐑𝐓𝐈 𝐂𝐎𝐌𝐌𝐔𝐍𝐈𝐒𝐓𝐄 𝐑𝐄𝐕𝐎𝐋𝐔𝐓𝐈𝐎𝐍𝐍𝐀𝐈𝐑𝐄 𝐕𝐎𝐋𝐓𝐀𝐈̈𝐐𝐔𝐄 a décidé de vous adresser la présente Lettre Ouverte pour donner son point de vue sur les problèmes graves que connaît le pays; pour exposer son alternative face à ces problèmes, en parti politique responsable, soucicux de leur trouver une solution correcte et démocratique et d'éviter à notre peuple les affres d'une guerre civile réactionnaire.
Le pouvoir que vous dirigez est entaché de trop de sang des fils de notre pays. En effet, c'est par un coup d'Etat des plus sanglants que vous avez pris le pouvoir par la liquidation physique de Thomas SANKARA, votre "frère" et "compagnon d'armes"; 11 autres de vos camarades ont trouvé la mort à cette occasion. Mais il semble que vous n'êtes en rien impliqué dans ces évènements car il parait que vous dormiez quand les choses se passaient.
Lors de la "rébellion du lion" consécutive à votre coup d'état du 15 Octobre 1987 vous avez fait jouer à vos commandos de Pô un rôle des plus cruels. C'est un véritable massacre qu'ils ont perpétré à KOUDOUGOU contre les éléments de la Garnison de cette ville.
Des officiers valeureux tels KERE Daniel, SANOGO Elisé qui s'étaient pourtant rendus ont été froidement abattus et les corps brûlés, oui, brûlés !
En 1988, à peine I'opinion publique était-clle informée d'un complot à la Garnison de BOBO-DIOULASSO que les auteurs présumés avaient déjà été sommairement exécutés.
En Septembre 1989 les deux autres "chefs historiques de la Révolution Burkinabè", Henri ZONGO et Jean-Baptiste LINGANI ont été pris pour des comploteurs et exécutés avec une rapidité déconcertante. Pendant qu'on amenait vos deux compagnons au peloton d'exécution, vous dormiez, une fois de plus. Ainsi, des quatre chefs "historiques" que vous étiez, vous seul êtes aujourd'hui maître du pays, confirmant l'adage selon lequel il ne peut y avoir plusieurs capitaines dans un bateau surtout à la tête d'un Etat.
Enfin vous devez répondre de disparitions : celle de Guillaume SESSOUMA enseignant à l'Université de OUAGADOUGOU arrêté depuis Décembre 1989 ; et de DABO Boukary étudiant à la même Université, arrêté en mai 1990. Ils n'ont plus jamais été revus depuis leurs arrestations. Que sont-ils devenus? Leurs parents et amis veulent le savoir et ont droit de le savoir.
Au total, après quatre ans d'existence seulement votre pouvoir est celui qui a le plus tué dans l'histoire de notre pays ; depuis 1960 c'est le pouvoir le plus sanguinaire que notre peuple ait jamais connu.
Le pouvoir que vous dirigez est pourri par la corruption à vaste échelle. Les dignitaires du Front Populaire se livrent à une véritable course effrénée à l'enrichissement. Ils pillent les caisses de I'Etat et des sociétés d'Etat, empochent de fabuleux pots-de-vin, planquent des sous à l'étranger, se livrent à des trafics divers notamment celui de l'or. L'avion présidentiel est utilisé pour toutes ces opérations louches. Les ambassades de Haute-Volta à l'étranger sont des plaques tournantes, des centres de trafic d'or et autres.
Le scandale de l'Intendance Militaire portant sur près d'un milliard de FCFA, le TPR (Tribunal Populaire de la Révolution) sur l'or que vous avez savamment escamoté sont des preuves accablantes contre les dignitaires de votre pouvoir et des personnes de votre très proche entourage en matière de détournements de fonds et de trafics divers.
Un autre exemple : la Caisse Génésale de péréquation des Prix des Produits de grande consommation est une véritable boite à sous pour son inamovible Directeur Général Simon COMPAORE qui empoche très gros avec les "opérations riz". La construction du siège de la dite Caisse a été l'occasion pour le même Simon d'empocher 25 Millions à titre de pots-de-vin pour l'attribution du marché.
Vous êtes bien au courant des forfaits de ces détourneurs et trafiquants mais vous les couvrez à dessein alors que pour une peccadille les pauvres gens sont traqués, traduits devant les TPR.
Au plan extérieur, 𝗠𝗼𝗻𝘀𝗶𝗲𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁, votre politique est une politique aventuriste et de provocation.
Les faits sont établis aujourd'hui que vous étes impliqué dans des opérations de déstabilisation de nombreux Etats africains. En effet, vous avez envoyé vos militaires au LIBERIA, la garde personnelle de ldriss DEBI, le président du TCHAD est pour l'essentiel composée de militaires voltaïques ; il en est de même au TOGO pour la protection de GNANSINGBE Eyadéma. Vous accueillez hébergez et entrainez chez nous ici des opposants de la CASAMANCE, du CAMEROUN etc... Cela fait que vous portez la grave responsabilité d'avoir introduit et dévéloppé l'esprit mercenaire au sein des Forces Amées Voltaiques.
La sécurité ivoirienne a capturé des policiers "burkinabè" en civil l'année dernière lors des évènements qui ont eu lieu dans ce pays. Ce comportement de votre pouvoir contraire aux règles élémentaire de bon voisinage entre les Etats, vous l'avez justifié au journaliste de Jeune Afrique Economie N° 138 de Décembre 1990 " .... nous ne pouvons pas-avez-vous dit - nous permettre de laisser s'installer des régimes hostiles tout autour de nous !".
De la part d'un Chef d'Etat, c'est là une déclaration qui dépasse l'entendement tant elle est grave de conséquences. Ainsi donc, le Capitaine Blaise COMPAORE Chef de l'Etat du "BURKINA FASO" se donne le droit de renverser les pouvoirs de tous les pays autour de lui qui lui sont "hostiles"
Ainsi donc 𝗠𝗼𝗻𝘀𝗶𝗲𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁,, vous étes impliqué à fond dans la déstabilisation des Etats de la sous-région. Vous avez fait de l'Etat "burkinabė " un Etat terroriste. Vous êtes un homme qui ne veut pas la paix et l'entente entre les Etats ; avec votre vision des rapports entre les Etats vous êtes un véritable
danger pour la paix dans la sous-région.
Depuis 1983, avec le CNR d'abord et le Front Populaire ensuite vous avez entrepris un profond travail de désorganisation des Forces Amées. Aujourd'hui les Forces Armées sont minées par des pouvoirs parallèles, des centres occultes de décision. Le commandement, la hiérarchie y sont complètement bafoués, c'est le pouvoir de l'ODP/MT et de ses Comités Révolutionnaires. Les gradés non membres de l'ODP/MT sont mal vus, leur carrière et leur vie sont menacées. A n'importe quel moment vous pouvez alléguer divers prétextes pour les dégager ou les exécuter sommairement. Ils subissent toutes sortes de discriminations et d'humiliations.
Vous avez semé et entretenu au sein des Forces Amées la délation, la méfiance, la suspicion et le larbinisme, des frustrations et des tensions lourdes de conséquences pour l'avenir du pays.
𝗠𝗼𝗻𝘀𝗶𝗲𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁,
La question centrale qui est aujourd'hui à l'ordre du jour dans notre pays est la question de la démocratie. En effet notre peuple est un peuple laborieux, courageux et profondément attaché à la liberté et à la démocratie.
Il l'a montré à travers les luttes glorieuses qu'il a menées pendant la période coloniale, la période néo-coloniale et particulièrement depuis le 4 Aoút 1983, date à partir de laquelle vous et vos amis du CNR puis du Front Populaire lui avez imposé un Etat d'exception, fascisant sans précédent dans notre histoire nationale depuis 1960.
C'est sous le Conseil du Salut du peuple (CSP) en 1983 que le PCRV a commencé à dénoncer l'état d'exception que I'Amée impose à notre pays. Depuis le 4 Août 1983 et surtout au lendemain du 15 Octobre 1987, le PCRV a systématisé ses vues en revendiquant un Etat de droit démocratique régit par une Constitution.
Ce fut une levée de boucliers de la part des groupes qui animent I'ODP/MT aujourd'hui et surtout de l'ODP/MT elle même dès sa création. "Le PCRV veut le retour à une vie constitutionnelle normale", "l'Etat
révolutionnaire n'a pas besoin de constitution", "la constitution est affaire de la bourgeoisie et de la réaction, etc... Voilà ce que l'on entendait dans votre entourage jusqu'à une date récente.
Aujourd'hui, les turéféraires de l'ODP/MT et vous même tentez de faire croire que vous êtes le promoteur, l'initiateur du processus en cours actuellement dans notre pays vers un Etat de droit. Cela est faux! c'est de l'escroquerie politique. Le processus actuel vous a été imposé par la lutte des forces démocratiques de notre pays - PCRV en tête - et par la tempète démocratique qui secoue le continent africain actuellement.
Lorsque l'idée de Constitution s'est imposée à l'ODP/MT elle ne s'avoua pas vaincue. Elle va tenter de barrer la route à une Constitution démocratique en voulant imposer comme Constitution la codificatiuon pure et simple du programme et des structures de la RDP c'est-à-dire quelque chose d'essence fasciste.
Ces prétentions ont été pour l'essentiel repoussées par la Commission Constitutionnelle qui a adopté un projet de Constitution contenant d'importants acquis démocratiques.
Mais vous n'avez pas désarmé, vous et votre ODP/MT. vous manœuvrez toujours pour imposer à notre peuple un despotisme militaire constitutionnel. C'est l'objectif des ZATUS (Ordonnances) sur la liberté d'association, la liberté de réunion et de manifestation sur la voie publique, la reconnaissance des organisations et partis politiques que vous avez signé en Février dernier. Ces ordonnances sont plus réactionnaires et plus anti démocratiques que les lois coloniales qu'elles ont remplacé. Ainsi au nom de ces ordonnances :
• Vous pouvez envoyer des personnes aux réunions des organisations politiques et syndicales. Ces personnes choisissent leur place (le présidium est une bonne place !) et peuvent lever la réunion.
• Les membres des bureaux de réunion peuvent être poursuivis comme complices d'infractions commises lors d'une réunion. A cet effet il suffit d'envoyer des provocateurs aux réunions, et vous mettez les membres du bureau sous les verrous pour complicité.
• Sous divers prétextes vous pouvez dissoudre par décret un parti politique qui dans ce cas n'a aucun recours.
𝗠𝗼𝗻𝘀𝗶𝗲𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁,, ces ordonnances sont contraires à l'esprit du projet de Constitution qu'elle vide d'ores et déjà de son contenu. Vous vous donnez les moyens pour contourner la future constitution.
Par ailleurs des textes sur des questions aussi essentielles ont été rédigées en secret et à la hâte et vous n'avez pas craint de les promulguer comme "expression de la volonté populaire". De même vous avez conçu et rédigé tout seul le code électoral.
Par toute une série d'autres actes et faits, avec I'ODP/MT votre parti, vous êtes en train de créer un climat politique des plus malsain.
Ainsi par exemple :
• Des membres de votre gouvernement, des militants en vue de l'ODP/MT tels que Antoine Komi SAMBO, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Salif DIALLO, Secrétaire d'Etat à la Présidence, OUEDRAOGO Alphonse, Commissaire Général à l'Inspection d'Etat, Simon COMPAORE etc... profèrent des menaces de mort, appellent publiquement à l'assassinat politique, à la torture, sans que aucunement vous ne faites ni mise au point, ni rappel à l'ordre.
• Vous avez approuvé (peut-être ordonné) et justifié la répression sanglante que votre garde a menée contre les étudiants de I'Université de OUAGADOUGOU qui ne demandaient qu'à s'organiser et à s'exprimer librement sur le campus.
• Même avec vos alliés au sein du Front, au sein de vos "structures populaires" dès que des gens osent vous contredire, votre réaction ne se fait pas attendre : exclusions à tour de bras, dissolution de bureaux, Suspensions de responsables etc...
• Vous avez fait savoir aux médias étrangers que vous ne prononcerez jamais d'amnistie générale dans ce pays, chose pourtant réclamée par la plupart des partis politiques et des organisations de masse. Vous
prétendez ne pas savoir qui devraient en bénéficier.
En effet, depuis 1983, ni avec le CNR dans lequel vous étiez N°2, ni avec le Front Populaire que vous dirigez aujourd'hui il n'y a jamais eu de procès politique et de
Condamnation formelle de citoyens en découlant. Ce ne sont pas vos méthodes. Vos méthodes ce sont les exécutions sommaires, les assassinats par attentats, les détentions sans jugement, les tortures jusqu'à ce que mort s'ensuive.
Avec cela de nombreux citoyens qui étaient opposés à votre politique ont senti que leur sécurité était menacée et ont dû quitter le pays. Ceux-là ont besoin, pour revenir au pays d'une garantie sans équivoque, formelle et publique qui vous engage personnellement en tant que premier responsable du pays. Par ailleurs à l'intérieur du pays beaucoup de personnes à cause de leurs opinions politiques ont été arrêtées, détenues et torturées. Des milliers de personnes ont été licenciées, dégagées, mises à la retraite d'office, humiliées à cause de leurs opinions politiques.
Ces personnes sont donc des condamnées de la "RDP" et vivent depuis politiquement en marge de la vie politique du pays. Cest tout cela qui justifie l'amnistie générale dont l'objectif est de rendre sereine l'atmosphère politique en réhabilitant tous ceux qui ont été sanctionnés politiquement et permettre ainsi à tous les patriotes sincères d'apporter leurs contributions à la solution des problèmes du pays.
Tous ces actes, toutes ces mesures ont pour seul objectif de permettre à l'ODP/MT et son chef de gagner les prochaines consultations électorales. En effet, Monsieur le Président, vous et l'ODP/MT, il vous est difficile d'accepter, d'admettre un instant l'idée de ne pas être au pouvoir, pour que d'autres que vous puissent être au pouvoir.
Voilà le fond du problème. Vous n'êtes donc pas un démocrate, vous êtes quant au fond hostile à la démocratie ; et votre parti l'ODP/MT est le principal obstacle à la démocratie aujourd'hui dans notre pays.
Ajoutons que vous ne portez pas dans votre cœur les organisations démocratiques qui ne chantent pas les louanges du pouvoir. En effet, pendant que vous étiez Ministre de la Justice Garde des sceaux, 9 (neuf) magistrats militants du SAMAB ont été radiés du corps de la magistrature suite à un Conseil Syndical dudit syndicat.
Au lendemain de votre coup d'Etat le 15 Octobre 1987 vous avez légalisé tous les putschs syndicaux perpétrés par les Comités de Défense de la Révolution et le Ministère de l'Administration Territoriale et de la
Sécurité du Conseil National de la Révolution.
Par la suite, un putsch a été perpétré au sein du SAMAB mettant ce syndicat en veilleuse depuis. Plus près de nous, en Mars dernier un putsch a été tenté au sein du Mouvement Burkinabè des Droits de l'Homme et des Peuples pour renverser son Président avec votre bénédiction.
Tout cela parce que vous et votre parti l'ODP/MT aviez juré de détruire le PCRV parce qu'il lutte de manière conséquente pour la liberté politique, pour un Etat de droit démocratique véritable, pour le PAIN ET LA LIBERTE.
Tout ce qui contrecarre les projets et les activités politiques anti-démocratiques de l'ODP/MT et de la Haute Hierarchie Militaire est attribué au PCRV. Cela montre seulement que ce parti traduit les aspirations profondes du prolétariat et du peuple voltaïques. LODP/MT en plaçant au centre de ses préoccupations la liquidation du PCRV se démasque donc et ses projets funestes sont voués à l'échec tout
comme ont échoué ceux du gouvernement de la IIl ème qui a déclaré le PCRV "hors-la-loi"; ceux du CMRPN et de ses colonels, ceux du CNR qui voulaient détruire le PCRV au "lance flamme.
En effet que de fils de ce pays ont été sous le CNR et le Front Populaire arrêtés, détenus et torturés parce que simplement, ils avaient entre les mains le journal du PCRV.
Votre secrétaire d'Etat à la Présidence Salif DIALLO et votre ancien Recteur SAVADOG0 Alain ont justifié la répression menée contre les étudiants de l'Université de OUAGADOUGOU en mai dernier par la lutte contre le PCRV.
𝗠𝗼𝗻𝘀𝗶𝗲𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁,,
La démocratie est politique et aussi économique. Cela veut dire qu'il faut un minimum de justice et d'équité entre tous les fils de ce pays dans la jouissance des richesses nationales. Or, vous avez imposé à notre peuple un Programme d'Ajustement Structurel "(PAS). Ce faisant :
Ce sont des licenciements massifs dans les entreprises, jetant ainsi dans la misère de nombreuses familles. Des centaines de fonctionnaires ont été mis à la retraite anticipée sans en avoir été informés à temps. Les salaires des fonctionnaires sont bloqués pour une durée indéterminée et leurs avancements sont sans incidence financière pour une durée également indéterminée.
L'emploi est quasi inexistant aujourd hui dans notre pays, la jeunesse est sans perspective. Les populations de nos campagnes notamment celles du Nord sont en proie à la famine mais sans la carte de l'ODP/MT elles ne peuvent bénéficier des vivres que vous avez obtenus de la Communauté Internationale.
Même dans les villes à OUAGADOUGOU, la faim sévit, de nombreuses familles, des hommes des femmes et des enfants souffrent dans l'anonymat.
Pendant ce temps chez les dignitaires du pouvoir, ce sont de perpétuels festins. Les nombreuses et inutiles Unions Nationales (UNAB, UNPB, UFB, UNJB) mettent à mal le Trésor Public : les Congrès et autres Conférences des dites Unions sont financés par l'Etat, leurs responsables sont entretenus aux frais de I'Etat (salaires, véhicules, carburant, frais de mission etc...). Le dernier Congrès du Front Populaire n'a pas coûté moins d'un milliard de FCFA financé par l'Etat, les sociétés para-publiques et le privé. Votre entourage personnel grouille de gens civils et militaires aux fonctions occultes gracieusement entretenus par l'Etat
Les dignitaires du Front Populaire, civils comme militaires, officiels et occultes se livrent à une course effrénée pour s'enrichir, amasser beaucoup et vite. Par exemple Simon COMPAORE (encore lui) est entrain de
de bâtir un chateau de près de 40 Millions de FCFA. En somme c'est I'austérité pour le peuple et la grande bouffe pour l'ODP/MT.
L'ODP/MT a commandé des dizaines de véhicules pour sa campagne électorale. Le coût total de ces véhicules transport et douane compris va chercher dans le demi-milliard de FCFA. Certains véhicules sont déjà là: 35 Peugcot báchés, 5 Nissan Patrol, 5 Toyota Land Cruiser et ce sont des agents du Parc Automobile de l'Etat qui s'occupent de l'acheminement et du dédouanement..au nom "Présidence pour compte ODP/MT"
Voilà une formule qui dit bien la réalité des choses à savoir que " l'ODP/MT c'est la Présidence et la Présidence c'est l'ODP/MT" Sinon où est ce que l'ODP/MT a pu trouver cet argent si l'on sait que ce parti est crée il y a à peine deux ans d'une part et que ses militants ne sont pas disposés à enlever un sou de leur poche pour mettre dans une caisse même celle de l'ODP/MT.
Ainsi donc l'ODP/MT, son gouvernement, ses cadres, ses structures officielles et occultes tous ces individus au rôle indéfini qui grouillent autour de lui sont de véritables prédateurs des richesses de notre pays.
𝗠𝗼𝗻𝘀𝗶𝗲𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁,,
La pratique politique de l'ODP/MT est accablante et ce parti apparait comme l'obstacle majeur à la démocratisation réelle de la vie de notre pays. En tant que fondateur et véritable chef de I'ODP/MT vous êtes l'inspirateur de sa politique et par conséquent le premier responsable de ses pratiques anti -démocratiques, criminelles et fascistes dont vous ne vous êtes du reste jamais désolidarisé. Du reste cette politique et les pratiques qui en découlent sont une constante de votre carrière politique sous le CNR et sous le Front Populaire.
Cest pourquoi les organisations politiques qui à l'avènement du Front Populaire ont cru naïvement ou par opportunisme que vous êtes un démocrate, mais que ce sont les "sectaires" de votre entourage qui vous empéchent d'instaurer la démocratie déchantent présentement et se mordent les doigts. Elles découvrent la triste réalité, la vraie nature de votre système politique bâti sur la ruse, l'intrigue, la duplicité et le terrorisme d'Etat.
Le PCRV ne s'est jamais fait d'illusions à propos de la pseudo-révlution même "rectifiée" parce qu'élabore sa politique à partir des intérêts fondamentaux du prolétariat et de notre peuple. C'est pourquoi ni les sourires et sollicitations hypocrites, ni les discours démagogiques, ni l'appât du gain facile, ni la répression fasciste ne peuvent le faire dévier de sa juste orientation révolutionnaire.
𝗠𝗼𝗻𝘀𝗶𝗲𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁,, cest fort de cette conviction que le PCRV attire votre très haute attention sur le fait que la politique anti-démocratique et fascisante de votre parti l'ODP/MT fait peser sur le pays de graves
menaces à savoir :
-les menaces d'une guerre civile réactionnaire,
le développement du régionalisme, du tribalisme et du clientélisme politique avec la campagne électorale telle qu'elle est déjà menée par l'ODP/MT.
- l'instauration d'un despotisme militaire constitutionnel suite à des élections truquées et déloyales, organisées de bout en bout, et remportées par vous et votre parti.
En effet avec toutes les ZATUS réactionnaires prises ces derniers temps, l'exploitation éhontée des moyens de I'Etat pour battre sa campagne, le système mis en place pour organiser la fraude et/ou pour exercer
des pressions sur les électeurs ainsi que pour intimider les adversaires de l'ODP/MT etc, il est très probable que vous remportiez les élections.
Mais ce serait alors vous poser en obstacle à la démocratisation réelle de la vie du pays, cest-à-dire en ennemi juré et en oppresseur de notre peuple. Ce dernier ne manquera pas alors, comme c'est le cas partout pour les peuples africains à I'heure actuelle, de se dresser contre vous pour conquérir la liberté politique. Vous n'aurez alors que le choix d'ouvrir le feu sur les manifestants en colère comme le font vos pairs Ali SAIBOU, Eyadéma, Mobutu.. Moussa TRAORE.
𝗠𝗼𝗻𝘀𝗶𝗲𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁,,
le PCRV est un parti responsable profondément attaché aux intérêts du prolétariat et de notre peuple. C'est pourquoi face à la situation grave et délicate que traverse notre pays il est soucieux d'éviter des souffrances inutiles et une effusion de sang au prolétariat et à notre peuple ; il est soucieux de contribuer à la recherche de solutions justes et démocratiques aux graves problèmes que connait le pays dans la paix et la sauvegarde de l'intégrité territoriale à travers la Plate Forme Politique suivante dont la réalisation ne peut qu'ouvrir à notre peuple la voie de la conquéte de la liberté politique, d'un Etat de droit démocratique véritable.
1. Amnistie Générale. Retour au pays de tous les exilés politiques (militaires comme civils) avec tous leurs droits (droits politiques et civiques, leur intégration dans leurs anciens emplois).
2. Annulation pure et simple des ZATUS portant liberté de réunions et de manifestations sur la voie publique : liberté d'association ; de la ZATU relative à la reconnaissance des organisations et partis politiques au BURKINA FASO. Annulation pure et simple du Code de l'Information d'essence fasciste adopté par le Front Populaire.
3. Levée de l'interdiction des partis politiques. Liberté pour tous les citoyens qui le désirent de créer et de faire vivre des partis politiques qui doivent pouvoir :
- se prononcer publiquement par voie de presse et dans les réunions publiques légales sur les graves problèmes que connait actuellement le pays.
- exposer au peuple leurs programmes et leurs alternatives politiques à la situation que traverse le pays.
4. Levée de la censure et liberté d'expression avec le droit pour tout citoyen, toute organisation politique, toute association de jeunes, toute organisation de travailleurs, toute organisation confessionnelle etc.. de publier librement et légalement des journaux pour exposer leurs opinions sur les problèmes intéressant la vie du pays.
5. Liberté d'expression de réunion, d'organisation, de circulation à l'intérieur et à l'extérieur du territoire national ; garantie du secret de la correspondance, Inviolabilité du domicile.
6. Liberté pour les organisatioons syndicales, les organisations démocratiques de scolaires et d'étudiants de mener leurs activités sans intervention du pouvoir et de ses structures dans leurs affaires intérieures. Respect des franchises universitaires. Toute la lumière doit être faite sur les évènement de Mai 1990 à l'Université de OUAGADOUGOU et la mort de DABO Boukary. Libération des étudiants incorporés dans I'Armée, rétablissement des étudiants sanctionnés dans leurs droits.
7. Halte aux suspensions, licenciements, dégagements pour des motifs syndicaux et politiques; reprise immédiate des personnes suspendues, dégagées et licencićes arbitrairement pour des raisons politiques et syndicales avec tous leurs droits (ancienneté, paiement des mois de salaires non perçus etc..; rétablissement des bourses et réintégration dans les écoles et universités des élèves et étudiants sanctionnés pour des motifs politiques et syndicaux.
8. Augmentation des salaires, bourses et pécules en fonction du coût de la vie. Non au PAS, non aux compressions de personnel, au blocage des salaires et aux avancements sans incidence financière.
9. Réorganisation des Forces Armées dans un esprit démocratique, de justice et d'équité par la réalisation des mesures suivantes :
- réintégration dans les Forces Amées de tous les éléments sanctionnés sur des bases politiques arbitraires et injustes avec leur grades et droits ;
- dissolution des CR et des Comités de Garnison fonctionnant au sein des Forces Armées;
- dissolution des régions militaires en tant qu'entités politico-militaires ;
- fin de toute discrimination entre les corps et unités des Forces Armées ;
- les hommes du rang, les sous-officiers, les officiers des Forces Armées doivent pouvoir se prononcer librement et démocratiquement sur les graves problèmes que connaissent le pays et les Forces Armées en vue de leur trouver des solutions correctes démocratiques sans recours aux armes ;
- les Forces Amées en tant qu'institution ne doivent pas gérer le pouvoir politique. Elles doivent accepter et respecter le principe de la liberté pour le peuple de se doter du régime politique de son choix ; elles doivent se consacrer à leur mission de défense du territoire national, de protection des biens et des citoyens ;
- tout militaire briguant des fonctions politiques doit le faire à titre personnel après avoir quitté les rangs des Forces Armées ;
- fin de l'esprit mercenaire au sein des Forces Armées engagées abusivement sur des théâtres d'opérations où leurs éléments se battent et meurent pour des causes étrangères aux intérêts de notre peuple.
10. Non à toute forme d'intervention de l'Amée française et des forces de l'ANAD dans notre pays. Le peuple voltaïque doit résoudre lui-méme ses propres problèmes sans ingérence extérieure. Relation de bon
voisinage avec tous les Etats de la sous-région. Relation d'amitié, de paix et de fratenié avec les peuples de FRANCE, de notre sous-région, d'AFRIQUE et du monde entier.
11. Lutter pour l'intégrité territoriale ; la paix, l'unité et l'égalité complète entre les différentes nationalités de notre peuple contre les menées séparatistes, secessionnistes, "tribalistes" et régionalistes des forces réactionnaires et obscurantistes. Non à la guerre civile réactionnaire.
12. Réhabilitation du corps de la magistrature et respect de son indépendance bien comprises. Suppression des TPC, TPD, TPA etc.. dans lesquels le peuple n'a pas confiance.
13. Abolition de la torture. Démantèlement complet de toutes les installations de torture. Arrestations et traduction devant les tribunaux dans des procès publics retransmis en direct (radio, télévision) à I'intention du peuple de :
a) tous les tortionnaires et assassins politiques (civils et militaires) ayant opéré sous le CNR et le Front Populaire ;
b) tous les membres (civils et militaires) des cours martiales ayant siégé sous le CNR, sans que le peuple en soit informé ;
c) la possibilité pour les victimes vivantes des tortures de témoigner lors de ces procès publics.
14. Separation nette du Front Populaire (coalition de partis politiques et de leurs "structures populaires") et de I'Etat et cessation du monopole du Front Populaire et de l'ODP/MT sur la vie de l'Etat. Dissolution des
CR, de l'UNAB de I'UFB, de I'UNJB, des Pionniers, des Brigades Populaires de Vigilance en tant qu'organes de base du pouvoir d'Etat et en tant qu'organes de répression et de caporalisation des masses populaires.
15. Elaboration d'un Code électoral démocratique pour l'organisation correcte ds différentes consultations électorales (Référendum Constitutionnel, élections présidentielles et législatives) en lieu et place du Code Electoral anti-démocratique imposé par l'ODP/MT.
Organisation des consultations électorales avec la participation d'observateurs de I'ONU et d'ONG de défense et de promotion des droits de l'Homme.
Veuillez agréer, 𝗠𝗼𝗻𝘀𝗶𝗲𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁, l'expression de notre très haute considération.
PAIN ET LIBERTE POUR LE PEUPLE !
20/04/1991
AMPLIATION
-PARTIS ET ORGANISATIONS POLITIQUES NATIONAUX
-SYNDICATS
-UGEB
-MBDHP
-SIDWAYA AIB- RTB
-YEELEN
-OBSERVATEUR Palga
-AUTORITES COUTUMIERES ET RELIGIEUSES
-AMBASSADES
-ORGANISATIONS INTERNATIONALES ET INTER AFRICAINES
-ETAT MAJOR DESS FORCES ARMEES
-CHEFS DE CORPS ET DES REGIONS MILITAIRES
-AMBASSADES DU BURKINA A L'ETRANGER
-AMNESTY INTERNATIONAL
-FIDH
-NOUVEAUX DROITS
-ASSOCIATION FRANCE-LIBERTES
-ONG AFRICAINES DE DEFENSE ET DE PROMOTION DES DROITS DE L'HOMME
-PARTIS COMMUNISTES FRERES
-PRESSE ETRANGERE.



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